L’intelligence artificielle pour diagnostiquer la maladie de Parkinson.

Dans mon travail de journaliste, j’ai la chance de rencontrer des gens brillants et d’en apprendre davantage sur les progrès passionnants de la technologie.

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Mais de temps en temps, je rencontre quelque chose qui résonne d’une manière profondément personnelle.

C’est ainsi qu’en octobre 2018, j’ai visité une société appelée Medopad, basée dans la Millbank Tower de Londres.

Cette entreprise de technologie médicale travaillait avec le géant chinois Tencent sur un projet visant à utiliser l’intelligence artificielle pour diagnostiquer la maladie de Parkinson.

Cette maladie dégénérative touche environ 10 millions de personnes dans le monde. Elle présente toute une gamme de symptômes et est assez difficile à diagnostiquer et à surveiller au fur et à mesure qu’elle progresse.

 

Le travail de Medopad consiste à surveiller les patients au moyen d’une application de smartphone et de divers appareils. Cette société utilise ensuite un système d’apprentissage automatique pour repérer les tendances dans les données plutôt que d’essayer de les identifier par l’analyse humaine.

Dans ses bureaux, nous avons trouvé l’un de ses employés alors qu’il ouvrait et fermait rapidement les doigts – la raideur dans ce genre de mouvements est l’un des symptômes de la maladie de Parkinson.

Alors que nous le filmions, je me demandais si je ne devais pas me mettre devant la caméra et essayer le même exercice.

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Image caption La maladie de Parkinson est une maladie neurologique chronique, qui affecte le système nerveux.

Depuis quelques mois, je traînais le pied droit en marchant, et j’avais un léger tremblement dans la main droite.

J’avais d’abord rejeté l’idée que ce tremblement était signe de mon vieillissement, mais je suis finalement allé voir mon médecin généraliste.

Elle m’avait conduit vers une neurologue. Lorsque nous avons quitté Medopad, j’ai serré et desserré les doigts dans l’ascenseur, et j’ai réfléchi à ce que j’avais vu. Quelques jours plus tard, un reportage sur ma situation est publié sur le site web de la BBC.

Je souffrais probablement de la maladie de Parkinson

Trois mois plus tard, en janvier de cette année, j’ai enfin rencontré la neurologue.

Elle m’a confirmé ce que je soupçonnais depuis longtemps : je souffrais probablement de la maladie de Parkinson « idiopathique ». Le terme « idiopathique » signifie que la cause est inconnue.

Au fur et à mesure que je me suis habitué à la maladie, et que j’ai commencé à prendre des médicaments, j’ai rapidement découvert qu’il y avait toutes sortes de choses qu’on ignorait chez les personnes atteintes de la maladie de Parkinson.

Pourquoi je l’ai eue ? A quelle vitesse les symptômes se développeront-ils ? Quelles sont les chances de trouver un remède ?

Il n’y a pas de réponses fiables.

J’ai réagi en m’intéressant de près à la façon dont les industries technologiques et pharmaceutiques étudient la maladie.

Les progrès de l’intelligence artificielle, conjugués à la disponibilité des smartphones, ouvrent de nouvelles possibilités. Et cette semaine, je suis retourné à Medopad pour voir comment les choses évoluaient.

 

J’ai demandé au directeur général de l’entreprise, Dan Vahdat, s’il avait remarqué quelque chose de particulier, qui suggérait que je pourrais avoir la maladie de Parkinson, lors de ma première visite.

« Je ne pense pas que nous ayons remarqué quoi que ce soit en particulier. Mais – et c’est bizarre pour moi de te le dire – j’ai eu cette intuition que je voulais que tu fasses le test », me dit-il.

« Cette technologie peut aider à quantifier la maladie »

Le test n’a pas eu lieu, mais au cours de la dernière année, il y a eu un essai clinique avec le King’s College Hospital de Londres.

Les personnes atteintes de la maladie de Parkinson ont reçu une application pour smartphone, que leurs proches utilisent pour observer le serrement des mains, mais aussi d’autres aspects de leur façon de bouger.

« Nous pensons que cette technologie peut aider à quantifier la maladie », explique Vahdat.

« Et si vous pouvez quantifier la maladie, cela signifie que vous pouvez voir comment elle progresse. Cela vous donne beaucoup d’opportunités en termes de modification du traitement, d’interventions, de dépistage potentiel d’une plus grande cohorte de patients avec cette technologie (…) qui n’était pas possible auparavant », ajoute Vahdat.

Cela m’a fait réfléchir à ma propre situation.

Depuis février, on me prescrit Sinemet – l’un des médicaments contre la maladie de Parkinson les plus courants – sous forme de deux comprimés à prendre trois fois par jour.

 

Certains patients observent un effet instantané avec ce médicament, mais je ne peux pas dire que c’est mon cas.

Mon symptôme principal, le fait de traîner mon pied droit, s’est même légèrement aggravé. En consultant mon neurologue tous les quatre mois, elle me parle de la nécessité d’ajuster l’ordonnance, mais il est difficile pour moi de vérifier les symptômes.

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Image captionL’observation des mains peut aider à évaluer la gravité de la maladie de Parkinson.

Ce qui me passionne, c’est la révolution des smartphones

Vahdat m’a dit que c’était exactement le genre de scénario que les médecins essayaient de comprendre.

« Nous pensons que vous finirez par avoir une observation plus continue à l’aide d’une machine, et que les médecins pourront l’examiner à distance. Et avec cela, ils seront en mesure de revoir votre traitement, si c’est nécessaire, parce que potentiellement en ce moment, vous êtes soit en surdosage, soit en sous-dosage. »

Je vais maintenant avoir accès à l’application d’essai, et j’ai hâte de découvrir ce qu’il en est de mon cas.

Il ne s’agit là que d’un des nombreux projets menés par diverses entreprises, qui recueillent des données en temps réel sur les personnes atteintes de la maladie de Parkinson et d’autres affections au moyen de leur appareil.

 

La recherche d’un remède contre la maladie de Parkinson se poursuit. Nous avons l’air d’être loin du compte, mais entre-temps, observer une maladie comme la mienne pourrait aider à beaucoup améliorer mon état de santé, et ceux de bien d’autres, en tenant compte des symptômes.

Ce qui me passionne, c’est que la révolution des smartphones, que j’ai documentée depuis que Steve Jobs a dévoilé l’iPhone en 2007, promet maintenant de changer les soins de santé tout comme elle a transformé de nombreux autres aspects de notre vie.

Et j’espère pouvoir continuer à rendre compte de cette révolution pendant de nombreuses années encore.

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